Séminaires inter-laboratoires 2025-2026 : L’espace littéraire de Berlin à Vladivostok
- Séance 1 | 16 janvier 2026
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Autofiction et engagement socio-éthique : corps vulnérable, sollicitude et empowerment dans les textes de la jeune génération d’autrices russes
Intervention de Kateryna Tarasiuk, chercheuse postdoctorale dans un projet de recherche ANR ArtAtWar à l’Université de Strasbourg
Organisée et présentée par Isabelle Després (Université de Grenoble)
Depuis les années 2010, la littérature féminine russophone connaît un profond renouvellement. Une nouvelle génération d’autrices explore des formes telles que le témoignage, l’autofiction ou l’enquête pour mettre en mots des expériences traumatiques et intimes, dans une écriture engagée, autodocumentaire et éthiquement marquée.Cette communication s’appuie sur quatre œuvres contemporaines (Starobinec, Meŝaninova, Pustovaâ, Vasâkina) afin de montrer comment ces autrices redéfinissent l’écriture du corps féminin. À travers la mise en récit de la vulnérabilité, leurs textes ouvrent un espace éthique et symbolique où la douleur peut être reconnue et partagée, faisant de la littérature un lieu d’empowerment et d’émancipation.
L’autofiction russophone en exil : identité fluide et expansion générique
Intervention de Larissa Muravieva, chercheuse à l’Université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts (programme PAUSE)
Apparue récemment dans le champ littéraire russophone, l’autofiction s’est imposée comme l’un des phénomènes majeurs depuis la fin des années 2010, en étroite relation avec les bouleversements politiques. Son développement met en évidence une forte diversité des pratiques, liée notamment aux trajectoires migratoires des auteurs et autrices, rendant insuffisante la distinction entre « ceux qui sont partis » et « ceux qui sont restés ».
Cette communication s’intéresse à l’autofiction russophone en exil, envisagée comme un ensemble de textes réfléchissant à l’expérience de l’émigration. Marquées par une crise identitaire, ces œuvres mobilisent les potentialités performatives de l’autofiction pour construire des identités fluides et repousser les frontières du genre à travers des expérimentations transgénériques.
Date : Vendredi 16 janvier 2026
Horaire : 14h - 17h
Lieu : Université Grenoble Alpes Maison des langues et des cultures |Salle des conseils | 1141 Rue des Universités, 38400 Saint-Martin-d’Hères - Séance 2 | 6 février 2026
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Rencontres littéraire comme pratique pédagogique et objet d'étude
Intervention de Livija Ekmecic, Université de Strasbourg
Organisée et présenté par Sonja Graimprey (BDL)
Lancé à l’Université de Strasbourg, le projet des « Rencontres littéraires » fait partie du cours Arts et littératures slaves balkaniques. Il vise à stimuler la créativité littéraire et à enrichir la formation culturelle des étudiants.
Les étudiants rencontrent un écrivain serbe ou bulgare. Ils participent à un échange avec lui et prennent part à la création d’un espace de recherche littéraire. Ce cadre leur permet de se développer comme lecteurs et comme critiques.
Animées par des étudiants, des enseignants et des écrivains, ces rencontres interrogent l’influence de la littérature contemporaine sur les jeunes lecteurs. Elles examinent aussi les enjeux du processus de lecture, en lien avec les réflexions de Peter Szendy dans Pouvoirs de la lecture.
Explorer les relations intertextuelles à travers des binômes littéraires
Intervention de Miryana Yanakieva, Université de Strasbourg
Cette conférence s’appuie sur un projet pédagogique développé au département d’études slaves de l’Université de Strasbourg depuis 2022-2023. Ce projet a donné naissance à l’enseignement Arts et littératures slaves balkaniques.
Celui-ci propose une étude croisée des littératures serbe et bulgare, fondée uniquement sur des œuvres traduites en français et publiées en France. L’approche retenue consiste à établir des dialogues implicites entre les textes.
Des auteurs des deux littératures sont ainsi réunis en « binômes » selon des critères historiques, thématiques et génériques. La conférence présentera la méthode de constitution de ces binômes et quelques exemples d’analyses intertextuelles, notamment entre Ivo Andrić et Yordan Yovkov, ou Svetlana Velmar-Janković et Théodora Dimova.
Date : Vendredi 6 février 2026
Horaires :14h-16h
Lieu : Bibliothèque Diderot de Lyon Site Descartes, Niveau 1 - Lyon - Séance 3 | 6 mars 2026
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Sur le pas des traducteurs
Organisée et présentée par Anna Foscolo, Marge, Université Jean Moulin Lyon 3
L'idée de départ de cette séance nous a été donnée par la parution de la monographie Portrait d’une traductrice : Ludmila Savitzky à la lumière de l’archive, publiée par Patrick Hersant et Leonid Livak chez Sorbonne Université Presses, en 2025. A l'occasion de cette parution, nous avons voulu ressembler les chercheurs qui travaillent sur la restitution des parcours de traducteurs, notamment à travers l'exploitation des documents d'archives. Ainsi, la première partie de la séance sera consacrée à la figure de Jean Chuzeville par Natalia Gamalova, avant de passer à la présentation de l'ouvrage évoqué, d'abord à travers la restitution du contexte moderniste et transnational caractéristique des activités de Ludmila Savitzky par Leonid Livak, pour conclure par une analyse détaillée des particularités de sa pratique quotidienne de la traduction par Patrick Hersant.
« Lyonnais européen », « autodidacte impénitent », « né traducteur » : Jean Chuzeville
Présentée par Natalia Gamalova, professeur de langue et littérature russes à la faculté des langues de l’université de Lyon 3, membre de l'ITEM et du CEL
Jean Chuzeville (1885-1974) est connu en priorité comme traducteur des écrivains italiens, de 1918 à 1969, plus particulièrement, de Giuseppe Ungaretti et Emilio Cecchi. Relativement aux études russes, le nom de Chuzeville est familier aux chercheurs ou aux lecteurs qui s’intéressent à Merejkovski, Hippius et Remizov.
Les russisants attachent aussi de l’importance à Chuzeville premier traducteur des symbolistes russes. Les vers des poètes du début du vingtième siècle ne constituent qu’une partie des œuvres transposées par Chuzeville du russe au français. En dehors des poètes symbolistes, de Merejkovski, de Remizov, il traduisit Pouchkine, Gogol, Aksakov, Brioussov, Prichvine, Tolstoï, Dostoïevski, les contes de Leskov, Garchine, Korolenko, Sologoub. Chuzeville fit partie de ceux qui façonnèrent un certain modèle de la littérature russe en France avant la seconde guerre mondiale. Beaucoup d’entre eux furent traducteurs à temps partiel, avec leur formation, leur métier, leurs préférences littéraires. Teodor Wyzewa était écrivain et critique, Adrien Souberbielle avocat, Jean Fontenoy journaliste.
Lydia Stahl (Louisa Tchekalova) fut jugée à Paris pour espionnage au compte de Moscou et de Berlin. Ely Halpérine-Kaminsky étudia les sciences à la Sorbonne et à l’université de Moscou ; Henriette Pernot-Feldmann fut diplômée de la faculté des lettres, Norbert Guterman de la faculté de philosophie. Jean Chuzeville apprit seul une dizaine de langues. Il traduisait principalement de l’italien, de l’allemand, du russe, parfois de l’espagnol ; occasionnellement du portugais ou du grec moderne; et pour son propre plaisir, du grec ancien, de l’arabe et du persan.
En 1966 il dressa ce bilan : « Plus de 150 volumes publiés chez une soixantaine d’éditeurs — sans doute un record — français, belges, suisses, italiens ». Chuzeville intégra seulement trois réflexions (sur 564) sur le traduire et le traducteur dans son recueil de « pensées ». En voici un exemple : « Parmi les “marges” où peut opérer le talent du traducteur, il y a celle qui consiste en ce que dit l’auteur et ce qu’il croit ou veut dire.
L’écrivain n’est maître qu’en partie de sa pensée : tantôt celle-ci l’emporte sur l’expression, tantôt l’expression la dépasse. Dans cette zone de demi-jour et de tons faux prospère l’art du traducteur. Il a charge de réveiller Homère quand Homère somnole ». Praticien de la traduction, il se trouva appelé à expliquer ou à défendre ses choix, et sa correspondance contient des allusions aux joies, plus souvent aux déceptions de celui qui vit de la plume de traducteur.
"Ludmila Savitzky dans la culture moderniste transnationale"
Présentée par Leonid Livak, professeur de littérature russe à l’université de Toronto
Le rapprochement des études sur l’émigration russe avec l’historiographie du modernisme crée des conditions propices à un examen de la figure du passeur, ce que je me propose de faire en étudiant la carrière de l'écrivaine et traductrice franco-russe Ludmila Savitzky pour éclairer sa place dans la culture moderniste et le rôle de médiatrice qu’elle y a joué au carrefour des modernismes russe, français et anglo-américain. La singulière carrière de Savitzky permet à l’historien d’étudier, au plus près, les mécanismes de métissage et de migration qui unissent les cultures modernistes nationales dans un tout transnational.
"Manuscrits, carnets, correspondances : dans l’intimité professionnelle de Ludmila Savitzky"
Présentée par Patrick Hersant, maître de conférences en littérature anglaise à l’Université Paris 8 et chercheur associé à l’ITEM.
Dans le cadre de sa communication, Patrick Hersant présentera Portrait d’une traductrice : Ludmila Savitzky à la lumière de l’archive (co-écrit avec Leonid Livak, Sorbonne Université Presses, 2025), en concentrant son analyse sur des documents inédits, puisés dans une archive exceptionnelle, qui viennent éclairer la carrière et la vie de Savitzky – réflexions éparses sur la traduction, entrées de journal, correspondance avec James Joyce, Ezra Pound, T.S. Eliot, Sylvia Beach et Valery Larbaud. La séance portera aussi sur sa pratique quotidienne de la traduction telle que la révèlent ses brouillons et autres manuscrits.
Date : Vendredi 6 mars
Horaire : 14h - 16h
Lieu : Bibliothèque Diderot de Lyon Site Descartes, Niveau 1 - Lyon
Informations
Séance 1
Horaire : 14h - 17h
Lieu : Université Grenoble Alpes Maison des langues et des cultures |Salle des conseils | 1141 Rue des Universités, 38400 Saint-Martin-d’Hères
Séance 2
Horaires :14h-16h
Lieu : Bibliothèque Diderot de Lyon Site Descartes, Niveau 1 - Lyon
Séance 3
Horaire : 14h - 16h
Lieu : Bibliothèque Diderot de Lyon Site Descartes, Niveau 1 - Lyon
