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Journée de la Recherche arabisante

Publié le 25 avril 2022 Mis à jour le 9 mai 2022
Journée de la recherche arabisante
Journée de la recherche arabisante

Comme tous les ans, le Département d'études arabes renouvelle la journée de la Recherche arabisante qui se tiendra le mardi 10 mai 2022 à la Manufacture des Tabacs.

PROGRAMME

09h15-09h30

Accueil des participants en salle 331

09h30-10h00

Intervenante : Ichrak KROUNA (Université Jean Moulin Lyon 3)

► La dualité personne personnage dans le roman interactif. 

À partir de notre travail qui porte sur la littérature interactive et plus précisément le roman arabe interactif, nous allons analyser la nouvelle notion du personnage interactif et par conséquent le concept de la personne.
Le personnage, comme un élément fondamental dans le tissu narratif du roman est à redéfinir dans l'univers de la production interactive.
En effet, dans le cadre d'un produit interactif nous passons de l'imprimé, de la notion du livre au numérique avec sa nouvelle notion du dispositif. La logique de la narration est complètement différente dans le cadre interactif car le lecteur est inséré dans l'opération: il ajuste, modifie, module, définit et classe les évènements (le circuit narratif). Ainsi le lecteur et l'auteur sont deux personnes actives et se transforment en deux personnages actifs aussi.
En outre, les personnages qui feront l'objet de cette œuvre/ ce dispositif ne seront plus "figés", "immobiles " et définis. Dans cette mesure, nous voudrions repenser ces deux notions : personne-personnage ainsi que leur définition en lien avec les caractéristiques de l'écriture numérique/la littérature interactive.

10h00-10h30

Intervenant : Mouhamadoul-Khaly WELE (Université Lumière Lyon 2)

► Les représentations de la langue arabe dans la France du XVIIIe siècle : le cas de Claude-Étienne Savary. 

11h00-11h30

Intervenante : Fatima Zohra RGHIOUI (Université Jean Moulin Lyon 3)

► Féminismes et antiféminismes dans le roman arabe : Présentation et réflexions. 

Dans le roman arabophone, la fiction narrative tend à se conjuguer avec une dimension subversive des structures sociales. Notre projet cherche à analyser comment les discours féministes, ou au contraire antiféministes, sont abordés dans ce roman. C’est une analyse des discours établis qui respectent la dichotomie genrée de la société, et qui pourtant perturbent les conventions sociales et les mettent à l’épreuve du modernisme qui se généralise en se heurtant à la résistance du salafisme et des courants traditionnalistes des sociétés arabophones. En face, des auteurs et autrices qui imposent des personnages ouvertement non hétérosexuels, modèrent leurs discours en cédant à ces injonctions en réservant à leurs personnages des destins marqués par la mort et la perte. Cette opposition de posture entre ces deux courants est nettement marquée dans les romans de Najīb Maḥfūẓ, Hudā Barakāt, Muḥammad Šukrī, ‘Ālya Mamdūh, Ṣun‘ Allāh Ibrāhīm, Ḥamīda Na‘na‘, Samar Yazbik et ῾Alāʼ al-Aswānῑ. L’articulation de l’analyse textuelle à celle des études de genre en tant que système de bipartition hiérarchisée entre les hommes et les femmes, et les valeurs qui leur sont associées, nous permettra de décrire comment sont formulés les discours féministes et antiféministes dans ce roman, mais aussi de voir comment se construit -au dépend d’une réception virulente parfois et qui peut mener jusqu’à la censure- une écriture discursive des normes sociales préétablies. Dès lors, comment construire notre recherche face à la diversité (géographie et socio-culturelle) inhérente à l’écriture romanesque en langue arabe et à la spécificité même de notre sujet ?

11h30-12h00

Intervenant : Nada AMIN (Université Lumière Lyon 2)

► Les transitions politiques en Egypte post révolution et leurs impacts sur le statut des femmes. 

Dans cette communication, je voudrais expliquer comment les transitions du pouvoir en Egypte ont influencé le regard envers les droits des femmes égyptiennes surtout à la suite de la montée progressive du courant islamiste après la révolution du janvier 2011. La chronologie choisie se justifie par le fait qu’il marque la chute de la monarchie de Moubarak en 2011 jusqu’à nos jours en passant par la période de l’islamisation de l’Etat sous le règne des Frères musulmans.
Pendant la révolution de 2011, la montée de la violence à l’encontre des femmes par les forces de police lors des manifestations contre le régime de Hosni Moubarak a déclenché une prise de conscience importante sur les enjeux liés aux droits des femmes. En outre, dans la période post-révolution, l’influence des partis islamistes n’a cessé de croître, notamment avec l’arrivée au pouvoir d’un président issu des Frères musulmans. Cette période a été l’occasion pour les islamistes de mettre la religion aux sommets de l’État en traitant un certain nombre de problématiques, notamment celles relatives aux droits des femmes.
Ensuite le renversement de l’ancien président islamique Morsi en juin-juillet 2013, a engendré un nouveau discours sur les droits des femmes. Ce nouveau discours met l’accent sur un soutien présumé des « femmes égyptiennes », comme catégorie uniforme, pour l’armée égyptienne dans sa guerre contre le terrorisme islamiste et pour l’État militaire, ainsi que sur leur engouement supposé universel, pour le Président Abd al-Fattâh al-Sissi. Cela indique la montée d’une nouvelle forme discursive de féminisme d’État, cherchant à effacer une histoire riche et diverse de mobilisations liées au genre.

13h30-14h00

Intervenante : Astrid CHABRAT-KAJDAN (Université Lumière Lyon 2)

► "Prouver notre humanité" en la représentant : les interpellations du théâtre palestinien à l'international. 

Les Accords d’Oslo de 1993 ont facilité, voire permis, la circulation des productions théâtrales palestiniennes en dehors de la Palestine. Le théâtre palestinien peut faire office de tribune aux enjeux palestiniens à l'international et participer à rétablir l'histoire palestinienne face aux tentatives d'effacement israéliennes. Les représentations théâtrales rendent possible l'adresse directe aux spectateurs des autres pays arabes, des États-Unis mais aussi et en grande partie, d'Europe. De ce fait, les dramaturgies palestiniennes peuvent être pensées ou même configurées en direction de ces spectateurs et/ou des pays dans lesquels les pièces se jouent. L'étude des pièces et des discours des artistes témoigne d’une ambition à l’universel et de la prégnance du champ lexical humanitaire. Cette communication vise à interroger la stratégie à la fois politique et dramaturgique qui consiste à “prouver son humanité” en la représentant à l’international. Il s’agira à la fois d’élucider qui est véritablement cet “international” auquel les pièces s’adressent, d’étudier les procédés dramaturgiques mobilisés afin de témoigner de son humanité et leurs limites, et à la fois, d'interroger dans quel contexte politique cette stratégie s’inscrit.

14h00-14h30

Intervenant : Mahfoud KECILI (Université Jean Moulin Lyon 3)

► Traduire le théâtre politique arabe vers le français, le cas de Saad Allah Wannous. 

Le théâtre est un cas particulier dans la littérature, sa destination et sa double énonciation constituent les principales caractéristiques qui le différencient des autres genres littéraires, tels que le roman ou la poésie par exemple. Au théâtre, l’auteur s’adresse à son public par l’intermédiaire d’une équipe artistique composée essentiellement d’un metteur en scène et des acteurs ; ce qui n’est pas le cas dans d’autres genres littéraires où le récepteur se contente de lire pour comprendre le message. De ce fait, le théâtre, pour le traduire, exige une méthode de traduction spécifique qui prend en considération le fait que le texte écrit sera remodelé en fonction des exigences de la scène et des goûts du public. Le texte auquel le public serait confronté ne sera pas le fruit du traducteur, mais le fruit d’une double conception ; celle du traducteur et celle du metteur en scène. Dans cette communication, nous traiterons de ces enjeux en donnant des exemples à partir de la traduction des deux pièces de l’auteur syrien Saad Allah Wannous : « L’Eléphant ô roi du temps » et « Rituel pour une métamorphose ».

15h00-15h30

Intervenant : Ali MOHAMMED (Université Jean Moulin Lyon 3)

► La métaphore verbale en arabe. 

Lorsque nous lisons les titres des divers ouvrages qui traitent de la métaphore – depuis l’époque d’Aristote jusqu’à nos jours, nous observons une division qui s’est consolidée au fil du temps, qu’il s’agisse de livres en langue arabe ou en français. La syntaxe de la métaphore apparaît systématiquement divisée en métaphore nominale et en métaphore verbale. Dans cette étude nous respecterons cette division, non pas parce qu’il s’agit là d’une vérité dogmatique, Mais pour poser des questions à ce sujet:
La métaphore (isti'āra) se divise-t-elle réellement en métaphore nominale et verbale ? Cette répartition est-elle pertinente ? S’appuie-t-elle sur des arguments irréfutables ou non et pourquoi ?

16h30-17h30

Intervenant : Kamal TAYARA, Maître de conférences (Université Jean Moulin Lyon 3)

► Conférence plénière : Des secrets de la langue arabe : le son et le sens.

Quelle est l’unité significative minimale dans la langue arabe ? Est-ce la racine tri-consonantique (= الجذر الثلاثي), le syllabe bi-consonantique (= الأصل الثنائي), le son seul, consonne ou voyelle, à l’état isolé (= الصّوت المفرد) ou bien tout autre chose ? Éléments de réponses.

Suivi d'une discussion.


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