Leonide Andreïev : L'angoisse à l'oeuvre

Collection "Specimina Slavica Lugdunensia". Numéro 3

Publié le 2 juin 2010 Mis à jour le 30 avril 2018
Léonide Andreïev : L'angoisse à l'oeuvre

Léonide Andreïev : L'angoisse à l'oeuvre. Dix-huit études

Serge Rolet (Professeur de littérature russe à l'université Charles de Gaulle-Lille 3)

Préface de Jean-Claude Lanne

Déjà célèbre avant d'avoir même publié le premier recueil de ses récits, Léonide Andréïev (1871-1919) a souvent créé le scandale, dans le monde de la littérature russe du début du XXe siècle. D'abord proche de Gorki, détesté, et fier de l'être, par bon nombre de modernistes (Zinaïda Hippius, Dmitri Méréjkovski), plus tard violemment hostile à Lénine et à la révolution d'octobre 1917, il a été rejeté aussi bien dans les milieux de l'émigration russe qu'en Union Soviétique.

 

Extrêmement sensible aux enjeux du champ littéraire, et tout simplement à l'air du temps, Andréïev, comme beaucoup d'écrivains russes au tournant du XXe siècle, a donné à ses œuvres une orientation contestataire. Mais plutôt que de prolonger la longue tradition critique de la prose russe, il a choisi de déstabiliser le « petit-bourgeois » (autrement dit son propre lecteur), en présentant une version paradoxale, « malsaine », des grands mythes : Éléazar (1906), Judas (1907), mais aussi des figures emblématiques de l'intelligentsia : l'étudiant « nietzschéen » (Le récit de Sergueï Pétrovitch », 1900), le très jeune homme, en principe encore non corrompu par la société (Le gouffre, 1902 ; Dans le brouillard, 1902), le terroriste révolutionnaire (Les ténèbres, 1907 ; Le récit des sept pendus, 1908).

 

Par-delà la particularité de chaque sujet et la diversité des thématiques abordées d'un texte à l'autre, l'œuvre d'Andréïev peut se lire comme variation d'une tonalité affective  unique (l'angoisse), présente presque dès l'origine. Sans rapport autre que fortuit ou conventionnel avec la problématique émancipatrice affichée avec tant d'efforts, les écrits d'Andréïev laissent libre cours à ce que, quelque quarante ans plus tard, Heidegger a appelé une « expérience fondamentale du Néant ».

Nombre de pages : 292 pages. Prix : 20€

ISBN : 978-2-916377-83-4

Editeur : Centre d'études slaves André Lirondelle. Imprimé par le service Edition de l'Université Jean Moulin - Lyon 3.