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Journées d'études | Réfraction de l’Union Soviétique et de la littérature soviétique dans l’émigration

Publié le 9 juin 2011 Mis à jour le 18 avril 2018
Le CESAL organise, les 14 et 15 octobre 2011, deux journées d'études consacrées à la "Réfraction de l’Union Soviétique et de la littérature soviétique dans l’émigration"

Dans la préface à ses cours de littérature russe, Vladimir Nabokov porte sur la littérature soviétique un jugement partial et sans appel : « le gouvernement soviétique proclama que la littérature était un instrument au service de l’Etat ; cette heureuse complicité entre poète et policier dure depuis plus de quarante ans… son résultat est la « littérature soviétique » - littérature conventionnellement bourgeoise par son style et irrémédiablement monotone par son interprétation docile de telle ou telle idée gouvernementale ».
Fait unique dans l’histoire moderne, la révolution allait scinder la littérature russe en deux parties : les écrivains qui ont quitté la Russie et ceux qui par choix ou impossibilité sont restés. Le but de cette journée d’études sera de projeter un nouvel éclairage sur les rapports complexes que la Russie hors frontières a entretenus avec l’image de l’URSS et la littérature de la Mère Patrie. En privilégiant les aspects littéraires, linguistiques et philosophiques, il conviendra d’examiner tous les discours qui ont nourri les débats dans l’émigration sur la littérature soviétique et ont façonné sa représentation.
Après le suicide de V. Maïakovski, les débats autour de la littérature soviétique s’intensifient : le sujet figura au programme des discussions du Studio franco-russe à deux reprises lors de la septième réunion du 29 avril 1930 Le roman depuis 1918 et de la neuvième réunion du 4 novembre 1930 Les grands problèmes de la vie dans la littérature soviétique et Littérature et actualité soviétiques.

Les grands axes de réflexion pourront aussi bien être linguistiques, en s’attachant par exemple à l’étude des termes spécifiques pour désigner la patrie perdue comme « Sovdepija » ou « Eseserija », rendu célèbre par Z. Gippius et D. Merejkovski dans leurs vers « Grubost’ zverihi rodnoj Eseserii », que philosophiques et littéraires.
On pourra ainsi s’interroger sur la question du double visage de l’Union soviétique dans les œuvres et les figures poétiques des écrivains et des poètes de l’émigration. Comment la fiction et les textes critiques se sont-ils emparés de cette antinomie ? L’on s’interrogera également sur les orientations différentes des écrivains émigrés : ceux qui ne mirent jamais en doute la supériorité de la littérature émigrée et ceux qui comme les « bolchevisants » Vladimir Pozner et Iliazd (Ilia Zdaniévitch) osèrent le faire.
En communiant avec les célébrations pouchkiniennes organisées par Staline à l’échelle nationale en 1937 à l’occasion du centenaire de la mort du poète, les émigrés retrouvaient l’unité avec leur patrie. La littérature a réussi là où avait échoué l’action politique et religieuse. On pourra donc aussi se demander quelles résonances de l’héritage littéraire classique peut-on trouver dans les littératures soviétique et émigrée qui permettraient de parler non pas de deux littératures russes mais d’une seule ?
Quelles visions autres peut-on trouver dans une émigration diverse et divisée aussi bien dans ses conceptions politiques que littéraires et esthétiques ?

Les Journées d’études sont en langue française et russe.
Les Actes de ces Journées d’études seront publiés dans la revue Modernités russes.

Responsables scientifiques :
  • Gayaneh Armaganian-Le Vu, Maître de conférences de langue et littérature russes à l’ENS Lyon, Membre du C.E.S.A.L.
  • Svetlana Garziano, Maître de conférences de littérature et civilisation russes à l’Université Jean Moulin Lyon 3, Membre du C.E.S.A.L.
Contact :
Svetlana Garziano :
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Mise à jour : 18 avril 2018