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Colloque international | L’unité de la littérature émigrée russe dans les reflets d’une mémoire centenaire

Publié le 12 mars 2018 Mis à jour le 26 mars 2018

Colloque international à l’occasion du centenaire de l’émigration russe dans le cadre du Projet interdisciplinaire de recherche « Mémoire : construction, déconstruction, reconstruction de la mémoire individuelle et collective » organisé par l'Université de Lyon.

Dans le prologue « Fin de siècle » de son ouvrage Mémoire du mal, tentation du bien. Enquête sur le siècle, Tsvetan Todorov énonce une idée assez intéressante selon laquelle l’enquête sur la mémoire d’un millénaire fait non-sens, tandis que celle sur la mémoire d’un siècle a toute sa légitimité : « Le siècle, en revanche, fait sens : c’est notre vie plus celle de nos parents, tout au plus de nos grands-parents. Un siècle, c’est le temps accessible à la mémoire des individus ». L’année 2017 a marqué le centenaire de la Révolution russe, un évènement historique indéniablement d’importance mondiale. Faisant suite au colloque international « Regards croisés sur la mémoire de la Révolution russe en exil (1917-2017) » qui s’est tenu, les 24 et 25 octobre 2017, dans le cadre du projet international interdisciplinaire « Mémoire : construction, déconstruction, reconstruction de la mémoire individuelle et collective », la présente manifestation scientifique « L’unité de la littérature émigrée russe dans les reflets d’une mémoire centenaire : à l’occasion du centenaire de l’émigration russe » vise à concevoir et à apprécier le centenaire de l’émigration russe à sa valeur littéraire et historique dans le cadre de la (re)construction de la mémoire en exil.

Le glas de l’histoire russe a retenti en 1917 à double reprise. Quoi que tout soit encore flou, une nouvelle page commence à s’écrire dans la culture russe, celle de la Russie hors-frontières (« Русское зарубежье »). L’année 1918 signe le début d’un départ à peine pressenti vers d’autres rivages, vers d’autres frontières. Ce phénomène est décrit, dans l’historiographie russe, par plusieurs noms relativement synonymiques (l’émigration blanche, les Russes blancs, la première vague de l’émigration russe, la garde blanche, la Russie hors-frontières). Cette émigration comporte plusieurs facettes : elle est historique, politique, religieuse, artistique, scientifique, littéraire et culturelle.
L’époque de la première vague de l’émigration russe fut une période propice pour l’émergence de nouvelles idées, de nouvelles approches dans la théorie historique et littéraire. L’année 1917 et les années qui suivent cette date cruciale et qui ont vu la culture russe se diviser en deux entités indépendantes, mais en même temps foncièrement interdépendantes l’une de l’autre, font l’objet de questionnements sur les causes et les conséquences de cette scission intellectuelle sans précédent. La théorie des penseurs émigrés portant un regard occidental sur la culture russe, partant à la recherche des principes qui régissent la création intellectuelle et artistique et cherchant la « possibilité de reconstruire une histoire culturelle nationale », est principalement exposée dans les publications et périodiques émigrés parus dans le monde entier.

Notre étude des questions liées à la mémoire émigrée et envisagées dans l’optique historique d’un centenaire sera conjuguée à des réflexions de théorie littéraire :
- À partir de quelles méthodes de recherche peut-on concevoir l’unité de l’émigration russe (hétérogénéité et homogénéité de la culture émigrée, multiplicité des vagues de l’émigration russe, aspects générationnels, grands auteurs et auteurs mineurs émigrés, émergence de différentes écoles littéraires (la « note de Paris », l’« Ermitage » de Prague, etc.), arrière-garde et avant-garde littéraires) ? Quelles sont les bornes chronologiques de cette époque ?
- Quels sont les traits distinctifs de cette période dans l’histoire de la culture russe qui en assurent l’originalité et l’unité ? Quelles sont les théorisations de ses particularités et les pratiques de ses stratégies poétiques et narratives ?
- Serait-il possible d’appliquer la notion d’« époque-système » à la culture émigrée russe ?
- Comment mettre en parallèle la conscience qu’avait d’elle-même la première vague de l’émigration russe et sa mémoire gardée par les générations postérieures (la culture émigrée russe comme lieu de mémoire, la mémoire de l’émigration russe d’elle-même, la construction de la mémoire et de l’imaginaire en exil) ?
- Quel rôle joue le concept de la subjectivité dans la littérature émigrée ?
- Quelle est la corrélation entre critères esthétique et éthique dans les écrits émigrés ?
- Comment le principe du nouveau et de l’ancien est conçu dans la production émigrée en vers et en prose ?
- Quels sont les rapports qu’entretiennent la littérature émigrée russe et la littérature occidentale, notamment la littérature française ?
- Si nous reprenons les thèses d’Efim Ètkind sur la littérature russe au début du XXe siècle dans son célèbre article « L’unité de l’Âge d’argent », comment s’esquisse alors la transition d’une unité sémantique de la littérature russe d’avant la révolution à celle de la littérature émigrée ?


Responsable scientifique :
Svetlana Garziano, Université Jean Moulin Lyon 3

Comité scientifique :
Georges Nivat (Université de Genève)
Dimitri Segal (Université de Jérusalem)
Nina Segal-Rudnik (Université de Jérusalem)
Arlete Cavaliere (Université de São Paulo)
Lev Mnoukhine (Musée Marina Tsvetaeva à Bolchevo
/ Maison-Musée Marina Tsvetaeva à Moscou)
Nina Ossipova (Université d’État de Vyatka, Russie)
Hugues Fulchiron (Université Jean Moulin Lyon 3)
Contact :
Partenaires :
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Bibliothèque Diderot de Lyon
FFLCH/USP
Lomonosov Moscow State University
Université de Genève
Université de Jérusalem
Musée Marina Tsvetaeva à Bolchevo / Maison-Musée Marina Tsvetaeva à Moscou
Université d’État de Vyatka, Russie

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